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Née à Shanghai où elle a mené ses études d’architecte d’intérieur, Jiang Qionger est aujourd’hui une designer renommée et complète : intéressée par le design de mobilier, de bijoux, la peinture mais aussi la photographie, cette touche-à-tout sait se faire remarquer dans tous les domaines.
Elle a récemment ouvert à Shanghai deux lieux inédits dédiés à la création. Le premier : « N°D Suzhou River Gallery Creation » se propose de réunir modernité et traditions chinoises autour du thème du design et de la décoration; alors que son atelier de Moganshan Lu, est un lieu d’exposition de créations inventives et audacieuses. Connues depuis plusieurs années, la boutique Q&W Design de Xintiandi (quartier commercial branché de Shanghai) continue de présenter les bijoux créés par l’artiste. La designer possède également un atelier parisien et signe des collaborations comme avec Artelano en 2007, pour qui elle a créé un tabouret en céramique très remarqué : Tian Di, inspiré du proverbe chinois “Tian Yuan Di Fang”: “Le ciel est rond et la terre carrée”.

Jiang Qiong er a grandi dans une famille de créateurs. Son grand père Jiang Xuanyi, empruntait déjà à l’esthétique occidentale le rendu de la peinture à l’huile à l’époque où nos artistes accomplissaient « le voyage en Orient ». Son père, Xing Tong He, est l’architecte du musée de Shanghai. Dès l’âge de deux ans, Jiang Qionger s’initie à la peinture traditionnelle. Puis c’est dans la prestigieuse université de TongJi qu’elle étudiera le design. Désireuse de s’ouvrir au monde, elle choisit la France et l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris pour y faire ses premiers pas en tant qu’artiste. Un choix qui transforme complètement sa vie.

La jeune créatrice a trouvé dans cette double culture une source de questionnement et d’inspiration intarissable.
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L’artiste chinois Shao Fan est sculpteur et peintre. Dans la série de chaises qu’il a dessiné en 1996, Shao Fan a cherché à revisiter un objet très courant. Selon lui, les meubles de la dynastie des Ming contiennent toute l’essence de la philosophie chinoise. En combinant ce style avec des formes modernes, il cherche à exprimer les changements philosophiques et culturel.

Les chaises sont modulées de telle sorte qu’elles évoquent des caractères chinois. Cette technique rappelle celle d’Ezra Pound appelée la « méthode idéogrammique », qui consistait à donner une tri-dimentionalité pour illustrer des idées symboliques.

Les créations de Shao sont réputées pour leur capacité à faire le lien entre les beaux-arts et les art appliqués. Alors que le design de ses chaises est innovant, il est lié au méthodes traditionnelles.

Vous pouvez voir les oeuvres de Shao Fan au Victoria and Albert museum de Londres.

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En créant ce sac en PVC, Wang Yiyang, le fondateur du célèbre label shanghaien CHA GANG 茶缸, a voulu sortir des sentiers battus. Avec des lignes simples, il a su s’extraire du carcan de l’héritage culturel occidental et éviter la superficialité de la reproduction de la tradition chinoise.
Né en 1970, Wang Yiyang a reçu son diplôme de l’Institut de la mode de l’Université de Donghua (Shanghai) dès 1992. En 2002, il a créé sa marque ZUCZUG, récompensée à plusieurs reprises et dont les articles sont distribués dans le monde entier. La marque possède également ses propres boutiques dans les principales villes chinoises comme Shanghai, Hangzhou, Wuhan et Hong Kong.
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Elle est partie de rien ou presque et a réussi à bâtir un empire autour de sa personne : icône de la télévision chinoise (300 millions de télespectateurs), reine du cosmétique et ambassadrice de l’art-de-vivre, à 58 ans, Yue-Sai Kan est une femme accomplie.

Née dans la région de Guilin dans le sud de la Chine dans une famille d’intellectuels quelque peu subversive aux yeux du régime, elle a fui le carcan idéologique avec ses parents pour Hong-Kong. Après des études acharnées de piano, elle se lance dans la danse classique puis part faire ses études aux Etats-Unis. De retour en Chine dans les années 80, elle commence une carrière de speakerine et c’est l’ascension.

En 1992, Yue-Sai lance sa marque de cosmétiques sous son propre nom. La plupart des femmes chinoises ne savent pas comment se maquiller. C’est pourtant un succès immédiat. “Le principe est très simple : en changeant votre apparence, vous pouvez changer ce que vous êtes. Les femmes gagnent de l’assurance quand elles se sentent belles”, résume Yue-Sai. En dix ans, la marque de cosmétiques atteint plus de 50 millions de dollars de chiffre d’affaires et intéresse les grands du secteur. En mai 2004, L’Oréal finit par racheter la marque, dont Yue-Sai est toujours vice-présidente.


Sa dernière affaire : House of Yue-Sai 羽西之家 , un magasin de décoration dans le style « fu gue » (prononcer fou-goué) c’est-à-dire riche et classe . Le premier magasin de plus de 5.000 mètres carrés, ouvert à Shanghai en décembre 2007, est le prélude à d’autres implantations dans la plus grande métropole chinoise et à Pékin.
Si vous voulez découvrir ses produits depuis l’Europe, Yue-Sai exposera ses produits de beauté, ses livres, ses objets de décoration au Victoria & Albert museum’s à l’occasion de l’expo « China design Now ».
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Tags: Design d'intérieur · Portraits
Rencontre avec Nicolas Cinguino
Designer produit chez S.Point design
Ancien étudiant de l’ICAM de Lille
Diplômé de l’ISD 2005

Agence : S. Point design
Pays : Agence chinoise
Ville : Shanghai
Métiers : Design biens de consommation courante, produits industriels et appareils électroniques
Capacités : 70 projets par an
Types de clients : 50% étrangers, 50% chinois : Toshiba, Siemens, Electrolux, British American Tobacco, Shenken.
Les designers français n’ont pas leur chance que dans des agences françaises en Chine. C’est ce que montre Nicolas en expliquant fièrement l’intérêt de sa mission chez S. Point design : apporter son savoir-faire occidental et son regard international à une équipe qui pécherait d’être trop chinoise.
S. Point Design est une grande agence de design chinoise basée à Shanghai. Son équipe riche d’une trentaine d’employés est multiculturelle à l’instar des agences occidentales basées en Chine. Ce multiculturalisme est fondamental pour une agence, surtout lorsqu’elle prétend toucher les marchés internationaux et travailler avec des clients du monde entier. Le personnel est organisé en 4 équipes de designers, 1 équipe d’ingénieurs et 1 équipe de recherche. Selon Nicolas Cinguino, l’intérêt de travailler dans une grosse agence est surtout de pouvoir toucher à tout. Les projets sont nombreux et variés tout au long de l’année.

Travailler avec les clients chinois est aussi une expérience enrichissante car ces derniers ne sont pas toujours faciles. Selon Nicolas, les patrons d’entreprises chinoises n’ont bien souvent pas été formés aux règles du design, du marketing et du branding et ne comprennent pas les choix conceptuels des designers. La plupart d’entre eux font appel à des agences afin d’obtenir des produits révolutionnaires qui accrocheront l’œil dans les rayons, sans se soucier de l’image de leur marque ou de la cohérence de leur produit par rapport au marché. Ils ont une vision basée sur le court terme. Ce contexte force les designers à faire preuve de patience, de conviction et de précision, ce qui est extrêmement formateur pour un débutant.
Travailler au sein d’une agence chinoise ne pose pas de problème, les designers occidentaux bénéficiant bien souvent de traitements de faveur et accédants à des tâches plus intéressantes que la moyenne assez rapidement. Cependant, il est à noter que les salaires restent modestes.
Salaire moyen d’un designer chinois : 300 euros au début puis 500 euros.
Salaire moyen d’un designer occidental : 300 euros en stage, 500 euros après la première année, puis 1000 euros.
Pour en savoir plus : http://www.spointdesign.com
Contact : No. 1000 (A) Chang Ping Road near Yan Ping Road, Shanghai
Tel : +86-21-6272 8858
Fax: +86-21-5228 3336
Source : Maud-Andréa Bidet
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Tags: Jeunes talents en Chine · Portraits
Rencontre avec Eric Prigent
Diplômé de l’Ecole Nationale d’Architecture de Grenoble
Master en design d’environnement à L’Ecole Bleue à Paris

Agence : Spoon design ltd.
Création : Chine depuis 2004
Métier :Design d’espace, architecture d’intérieur
Principaux clients : Richemont, Carrefour, B&Q, Total-Sinochem China, Norinco, Mushi
Qui a dit qu’il n’y avait pas assez de travail pour les designers en Chine ? Certainement pas Eric Prigent, cofondateur et directeur de l’agence de design Spoon Asia ltd installé à Pékin depuis 2004. A son arrivée en Chine, il a connu des débuts difficiles. Cela n’était pas évident de se faire connaître mais il s’est accroché et ça paye : il doit rendre 16 magasins Cartier pour la fin du mois. Avec des clients comme Richemont, B&Q ou encore le groupe Carrefour, Eric Prigent a déjà plusieurs cordes à son arc. Mais cette activité foisonnante a un prix : « Je reçois en moyenne 120 courriers électroniques par jour ». Il n’est pas facile donc de tout gérer, surtout lorsque l’on doit être partout à la fois, chez le client, à la créa, sur les chantiers tout en prenant l’avion à peu près tous les 3 jours : « mes collègues aiment répéter que l’avion est ma deuxième maison ». Malgré tout il en faudrait plus pour décourager ce jeune trentenaire plein d’énergie. Il aimerait bien développer son agence encore plus « mais pas trop » afin de pouvoir garder le contrôle de la créa et conserver une certaine réactivité.
Pour le moment l’agence concentre son activité au service d’entreprises étrangères car les entreprises chinoises ne sont pas, selon Eric Prigent, de très bons payeurs. Il n’est pas rare en effet, que les prix qu’elles proposent soient très bas et quelles imposent de très gros retards de paiement. Eric Prigent en a déjà fiat les frais, accusant une fois un retard de paiement de plus de 2 ans. Les clients chinois sont également très compliqués et n’hésitent pas à modifier les cahiers des charges de manière intempestive après négociation. « La Chine c’est fatigant car tout y est compliqué mais pour rien au monde je ne retournerais en France car ici la vie professionnelle est super excitante, tout va très vite et chaque jour on est amené à réaliser l’impossible. Ici on travaille 24H/24, 7J/7, on peut m’appeler à 3 heures du mat’, il n’y a plus de limite. En contrepartie on rencontre des gens en Chine qu’on aurait jamais eu la chance de rencontrer en France. »
A l’inverse, les conditions d’exercice de la profession ne sont pas complètement libres. Eric Prigent ne peut pas signer ses propres plans et doit faire appel à un cabinet extérieur chinois. Cette situation présente des inconvénients, le manque d’autonomie mais quand même des avantages notamment la déresponsabilisation en cas de problème, ce qui entraîne moins de stress au moment de la créa et sur les chantiers.
Conseils pour réussir en Chine :
- Beaucoup travailler et surtout persévérer
- Apprendre le chinois pour faciliter le quotidien et parfaitement maîtriser de l’anglais car c’est la langue de travail principale
Salaire moyen d’un designer chinois : 300 euros
Concurrence : cabinets de design américains (très chers) et allemands
Pour en savoir plus : http://www.spoon-design.com/
Source : Maud-Andréa Bidet
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Tags: Design d'intérieur · Portraits · Présentation d'agences